Biographies

Mercredi 8 juillet 2009

Henri Gauthier dit JAG

Capitaine, réseau Pimento

 

Né à Bourg le 20 octobre 1919. Aspirant au 4e génie en juin 1940. Il commence à entrer en résistance en s'occupant de propagande dès fin 1940 alors qu’il est aux Chantiers de Jeunesse en Savoie. « Après avoir refusé le serment de fidélité au maréchal »[1], il quitte les chantiers de jeunesse en mars 1941. Il est arrêté à Sète, en mars 1941, lorsqu'il tente de rejoindre l'Angleterre. De retour à Bourg, il se met en rapport avec Paul Pioda et s'occupe de diffuser des tracts, de cacher des armes et des membres d'équipes de parachutages jusqu'en octobre 1942. Il rallie les Forces Françaises Combattantes le 4 octobre 1942 où il est « adjoint au major Théo du SFU 4 chef de sabotage de la zone sud »[2] au sein du réseau Pimento/Alphonse. Il prend la direction des parachutages et des sabotages pour l'Ain dans le réseau Alphonse à partir du 1er avril 1943[3]. Il est arrêté à Bourg en juin 1943, suite à l'arrestation des chefs de "Libération". Désigné pour le S.T.O. en novembre 1943, il prend le maquis en entre en clandestinité. Le 6 juin 1944, il est placé « à la tête des groupes francs au Nord Est de Lyon » par Brooks alias Théodore. Il prend le commandement des corps de sabotage[4] et de guérillas sur les voies de retraites allemandes au Nord-Est de Lyon en juillet 1944. Il reçoit les « pleins pouvoirs sur toutes les questions concernant les chemins de fer, les routes et les communications »[5] sur une partie de l'Ain, du Rhône du Jura et de la Saône et Loire. Il est en charge du contrôle et de la direction de l’emploi de tout matériel de sabotage dans cette région. Chargé du commandement du 1er bataillon libérant Bourg. Chargé d'organiser la sécurité militaire F.F.I. dans l'Ain, le 1er novembre 1944. Confirmé dans le grade de capitaine à la 14e région militaire le 19 février 1945. Il quitte la France après-guerre et part vivre aux USA.


[1] Rapport d’activité de Jag. N.d. A.D. Ain 125J 38.

[2] Rapport d’activité de Jag. N.d. A.D. Ain 125J 38.

[3] Certificat délivré à Jag par Buckmaster, 2 juillet 1945. A.D. Ain 125J 38.

[4] Certificat de l’AMA. N.d. A.D. Ain 125J 38.

[5] Délégation de pouvoir signée Théodore, n.d. A.D. Ain 125J 38.

Par sehri édition 39-45
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Lundi 20 octobre 2008

Aimé-Joseph Darnand est, né à Coligny le 19 mars 1897. Son père est chef de voie à la gare de Bourg. Elevé dans une famille nombreuse (7 enfants plus 4 en nourrice) où la mère travaille, Joseph travaille durant les vacances scolaires comme pâtre. Malgré une ferveur chrétienne très prononcée, la mésentente s'installe dans le couple Darnand et rapidement, Mme Darnand quitte Coligny pour s'installer à Bourg. Autoritaire en famille, Joseph Darnand, quoique gentil avec ses frères et sœurs, n'est pas un enfant communicatif. Malgré un revenu familial modeste, Joseph Darnand fréquente l'école St Louis à Bourg jusqu'à 11 ans, puis est placé comme pensionnaire au collège Lamartine de Belley. Là, il suit les cours jusqu'à la classe de 4e époque à laquelle il arrête les cours à cause de l'étouffante discipline de l'internant et du peu de prédisposition qu'il montre pour les études. Il rentre vivre à Coligny et travaille comme boulanger à l'asile psychiatrique de Bourg puis rentre en apprentissage chez M.Dumarchy, ébéniste où il reste 3 ans. Sa mère lui paye cette formation 20 sous par semaine durant 3 ans, durant lesquelles il laisse un bon souvenir, fréquente le cercle paroissial mais s'intéresse déjà aux filles. Alors que la guerre éclate en Août 1914, Dumarchy, qui est mobilisé ferme boutique. Dès lors, il cherche à s'engager. Héros de la guerre de 14-18, deux fois blessé, six fois cité dont deux fois à l'ordre de l'Armée, Darnand est titulaire de la médaille militaire et de la croix de guerre belge. Il termine la guerre adjudant. En septembre 1919, il s'engage pour deux ans dans l'armée mais ne réussit pas à devenir officier et part en permission libérable en juillet 1921. En 1923, employé d'une entreprise de meubles, il s'installe à Lyon où il adhère à l'Action française . En 1925, il est nommé à Nice et poursuit ses activités au sein de ce mouvement. Il devient président du comité directeur de l'association Marius Plateau, qui réunit les anciens combattants de l'Action française. Il reçoit la Légion d'Honneur dans la cour d’honneur des invalides le 7 avril 1927. Durant cette période, il est à l’honneur de la presse départementale ; Journal de l’Ain, l’Ain à Paris et surtout le Bulletin de l’Association Amicale des Anciens Elèves de l’Ecole St Louis de Bourg qui lui consacre presque un numéro entier. En 1927, il rencontre Félix Agnély qui l'encourage au sein du même mouvement et lui présente Marcel Gombert, qui deviendra son bras droit. Il quitte l'Action française en 1928. En 1934, il est membre des Croix-de-Feu. Il adhère à la Cagoule peu après et en devient le responsable dans la région Sud-Est. Il fait alors la connaissance de Jean Filliol. Il adhère au Parti populaire français (PPF). Le démantèlement de la Cagoule se poursuivant, il est arrêté en juillet 1938. Ses avocats sont Xavier Vallat et Robert Castille. En prison, il reçoit la visite de Jean Bassompierre qui devient son ami. Bénéficiant d'un non-lieu, il est libéré en décembre. Lieutenant de réserve, il retrouve Félix Agnély lors de son affectation à un corps franc rattaché au 24e bataillon de chasseurs alpins dont le commandement lui échoit à la mort de ce dernier. Il est distingué par la rosette de la Légion d'honneur. Capturé par les Allemands le 19 juin 1940, il s'évade du camp de Pithiviers en août 1940 avec la complicité de Marcel Gombert. Il rencontre Pétain à plusieurs reprises durant l'été 1940, ce qui lui permet d'obtenir la direction pour les Alpes-Maritimes de la Légion française des combattants, qui se réunit pour la première fois le 9 octobre 1940 et qui remporte un vif succès. Il est un des organisateurs des " groupes de protection " créés à Vichy et regroupés sous le nom de " Centre d'information et d'études ". En janvier 1942, Joseph Darnand s'installe à Vichy. En juin 1942, il devient membre du comité directeur de la LVF. En 1943, il prend contact avec des résistants dans l'idée de changer éventuellement de camp. Mais en août 1943, il est intégré dans les rangs de la Waffen-SS avec le grade de chef de bataillon et prête serment à Hitler. Avec Marcel Déat, il envoie à Hitler en septembre 1943 un " plan de redressement français " qui reproche au gouvernement de Pétain et de Laval sa " mollesse ". Sa sœur habite le quartier Bel-Air à Bourg. Afin de venir lui rendre visite, il vient en civil et incognito afin d’éviter les tentatives d’assassinat immanquablement prévues. Le 6 novembre 1943, il lance dans Combats un appel public pour l'enrôlement des miliciens dans la Waffen-SS. Il entre dans le gouvernement de Vichy comme secrétaire général du maintien de l'ordre le 30 décembre 1943. En janvier 1944, son autorité s'exerce sur l'ensemble des forces de police. Il est habilité à créer des cours martiales. Le 13 juin 1944, Darnand est nommé secrétaire d'Et at à l'Intérieur. Le 6 août 1944, au moment où les forces alliées débarquent en Normandie, Pétain lui adresse une lettre où il prend ses distances avec la Milice et dénonce les débordements de cette dernière. Après la libération de Paris, Darnand se réfugie à Belfort avec quelques miliciens fidèles puis participe à la " commission gouvernementale " de Sigmaringen. Dans son repli aux côtés de l'occupant, il entraîne les miliciens les plus fanatiques au sein de la division Charlemagne où il n'exerce plus aucun commandement et ne combat même pas. Avec un bataillon de miliciens, il part en mars 1945 en Italie combattre les partisans. Il y est arrêté le 25 juin par un service spécial anglais et remis à l'armée française. Jugé, il est condamné à mort et exécuté le 10 octobre 1945.

Considéré par tous ceux qui l'ont connu "comme un soldat simple et franc du collier"[1], il passe pour une grande gueule et un "m'as tu vu" pour les bressans qui l'ont connu descendre à toute vitesse l'avenue Alsace Lorraine à Bourg en voiture de sport.



[1] GORDON (Bertram) : Un soldat du fascisme : l'évolution politique de Joseph Darnand in Revue d'Histoire de la Seconde Guerre Mondiale. N°108, Octobre 1977.

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Jeudi 4 septembre 2008

UN GRAND NOM DE LA RESISTANCE

ET DE L’HISTOIRE

 

L'historien

Marc Bloch est né le 6 juillet 1886 à Lyon. Après des études secondaires à Paris, au lycée Louis-le-Grand, il entre à l'École normale supérieure en 1904. En 1908, il est reçu à l'agrégation d'histoire. En 1908-1909, il fait plusieurs séjours universitaires à Berlin et à Leipzig qui lui permettent de se familiariser avec les travaux et les méthodes de l'école historique allemande. De 1909 à 1912 il est pensionnaire de la fondation Thiers et publie ses premiers articles d'histoire médiévale. De 1912 à 1914, il est professeur d'histoire et de géographie aux lycées de Montpellier puis d'Amiens. En 1919, il est nommé chargé de cours d'histoire du Moyen Age à la faculté de Strasbourg. En 1920 paraît sa thèse de doctorat d'État, Rois et Serfs, un chapitre d'histoire capétienne, qu'il a soutenue en Sorbonne. C'est à la faculté de Strasbourg, où il devient professeur sans chaire en 1921, puis professeur d'histoire du Moyen Age en 1927, et où il va rester jusqu'en 1936, qu'il a accompli l'essentiel de son oeuvre d'enseignant et de chercheur. C'est là qu'il se lie d'amitié avec Lucien Febvre et qu'il fonde avec lui, en 1929, les Annales d'histoire économique et sociale. Marc Bloch est nommé dès 1937 professeur à la Sorbonne, puis, deux ans plus tard, maître de conférence.

Le 24 août 1939, malgré son âge et ses charges de famille qui le dispensaient des obligations militaires, il est mobilisé, sur sa demande, comme capitaine d'état-major. Il participe à la bataille des Flandres et réussi à passer en Angleterre mais, il revient aussitôt à Cherbourg pour contribuer au regroupement de l'armée du Nord en Bretagne. L'armistice rend ce nouvel engagement inutile et le 2 juillet 1940 il passe en zone non occupée, déguisé en civil.

Exclu de la fonction publique par les décrets de Vichy d'octobre 1940 contre les Français d'origine juive, il est peu après "relevé de déchéance ” avec une dizaine d'universitaires “ pour services scientifiques exceptionnels rendus à la France ” et détaché à l'université de Strasbourg repliée à Clermont-Ferrand. L'année suivante, la santé de sa femme exigeant un séjour dans le Midi, il obtient d'être affecté à l'université de Montpellier, malgré l'hostilité du doyen de la faculté des lettres de cette université, qui ne fait guère mystère de ses sentiments antisémites. Après le débarquement des Américains en Afrique du Nord et l'invasion de la zone libre par les troupes allemandes, il est obligé de se réfugier à Fougères dans la Creuse où il possède une maison de campagne.

En 1943, March Bloch entre dans la vie clandestine et adhère au mouvement "Franc-Tireur". Il devient membre de son directoire national. A Lyon, il est désigné comme délégué du mouvement "Franc-Tireur" au directoire régional des "Mouvements unis de la Résistance" (MUR). Sous les pseudonymes successifs de "Chevreuse", "Arpajon" et "Narbonne", il déploie une grande activité : il met en place les Comités de Libération de la région de Lyon. À Paris, il collabore activement à la revue Les Cahiers politiques, organe du CGE.

Il est arrêté par la Gestapo le 8 mars 1944, torturé et incarcéré à la prison de Montluc.

 

L'apport A L'historiographie

L'entre-deux-guerres constitue pour lui une période d'intense activité éditoriale. Dès 1924, il a publié Les rois thaumaturges analysant la croyance en le pouvoir de guérisseur des rois de France et d'Angleterre. L'historien Jacques Le Goff, spécialiste d'histoire sociale, estime qu'il renouvelle alors “ l'histoire politique en montrant comment symbolique et rituel (comme dans les sociétés dites primitives) sont un des grands instruments du pouvoir et comment la psychologie collective est un domaine essentiel pour comprendre l'histoire des sociétés ”. En 1931, il publie Les caractères originaux de l'histoire rurale française puis en 1939-1940 les deux volumes de La société féodale dont le chapitre consacré aux “ façons de sentir et de penser ” et à la “ mémoire collective ” est plus particulièrement novateur. Marc Bloch semble influencé par l'historiographie allemande mais aussi sans doute par son séjour dans les tranchées qui redonne à l'homme sa place dans l'histoire. Cette somme ne pourrait, tous comptes faits, n'intéresser que les spécialistes et ceux qui aspirent à le devenir. En revanche, dans l'Étrange Défaite, rédigé de juillet à septembre 1940, destiné à n'être publié que dans une France libérée de l'occupant et publiée en 1946 par les soins du mouvement Franc-Tireur, Marc Bloch analyse avec une incroyable précision les raisons du désastre qui a frappé la France. Lucide, il situe les responsabilités, décrit les manquements, met en lumière lâchetés et trahisons. C'est en 1946 qu'est publié l'Etrange défaite ; trois ans plus tard, Lucien Febvre sous le titre Apologie pour l'Histoire ou métier d'historien éditera un essai de Marc Bloch laissé inachevé ; essai que complétera plus tard son fils aîné Etienne Bloch en utilisant des inédits. Idée directrice : l'histoire n'est pas la science du passé mais celle des “ hommes en société dans le temps ”, une histoire “ humaine ”, une histoire totale des hommes. Son oeuvre reste forcément inachevée : Marc Bloch avait décidé de se consacrer après la guerre aux problèmes de l'enseignement de l'histoire. Et à la situation de l'histoire face au futur... C'est ce qu'il fait, au sein du Comité Général d'Etudes du Conseil National de la Résistance, en prônant une révolution totale de l'enseignement.

Le 16 juin 1944 dans la soirée, il est extrait de la prison de Montluc, avec vingt-neuf autres prisonniers, conduit dans la nuit à une trentaine de kilomètres de Lyon. Il est abattu à la mitrailleuse par les Allemands, ainsi que ses camarades, dans un champ au bord de la route, à Saint-Didier-de-Formans. Sa femme décède le 2 juillet 1944 à Lyon, à l'âge de 50 ans, sans doute dans l'ignorance de la mort de son mari.

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Dimanche 17 août 2008

Henri Romans-Petit.

Né à Firminy en 1897. Il s’engage dans le 13e bataillon de chasseurs en 1915. Sous-lieutenant d'aviation à la fin de la guerre. Lorsque la Seconde Guerre Mondiale commence, il travaille dans la publicité pour des journaux et des maisons de mode à St Etienne. Mobilisé en 1939 comme capitaine de réserve. Il participe au groupe résistant Espoir à St Etienne en 1942, puis prend contact en fin de l’année avec la résistance dans l’Ain. Il participe à l’organisation des maquis de l’Ain et de Savoie et en obtient le commandement en août 1943, sous le nom de Romans. Suite à l'arrestation de Bob Fornier, le 27 octobre, il est nommé chef départemental dans l'Ain. Après avoir participé à la libération du département, il est nommé directeur du Centre de propagande du Maquis par le général Kœnig. Après la guerre, il fait du commerce à l’import-export.

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Dimanche 13 juillet 2008

ROBERT TOURNIER -COLLETTA

 

            Né en 1922 à Russey dans le Doubs. Domicilié à Echallon. Il s'évade de la zone occupée du Pays de Gex en juillet 1940. Il s'engage dans l'armée française en 1941. Mis en congé après la dissolution de cette dernière, il est requis par le S.T.O. pour travailler dans l'Organisation Todt à Lorient, en 1943. Réfractaire, il entre dans la résistance clandestine d'Echallon. Il entre volontairement au camp de Granges, au groupement Nord. Il défile à Nantua le 11 novembre 1943. Mobilisé le 6 juin 1944, il participe à des nombreux combats et se conduit brillamment à la satisfaction de ses chefs. Le 11 juin, à Bellegarde, il franchit le premier, avec son frère Paul, le pont de Savoie en flammes lors de l'engagement contre les troupes allemandes. Le 15 juin, il combat à Fort l'Ecluse. Il est présent à la prairie d'Echallon, lors du parachutage diurne du 1er août 1944, où il est équipé d'une mitraillette Thompson. Lors des combats des Rousses, le 23 août, il assure seul des liaisons dangereuses. Le 27 août, il abat un officier allemand dans la forêt du Risoux. Le 7 septembre, il établit une liaison dangereuse avec des volontaires polonais évadés de Suisse. Pour ces actions, il reçoit la croix de guerre avec étoile vermeil, en 1946. Il quitte la Résistance pour l'armée de l'Air le 23 septembre 1944. Il fait la campagne d'Indochine de 1952 à 1954. De retour à Echallon, il fait édifier le monument de la prairie en hommage aux parachutages du 1er août 1944.

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