Mercredi 14 octobre 2009
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Les abris durant la
Guerre
Dans le cadre de la défense passive, créée en 1938 pour assister le Ministère
de la Défense Nationale et de la Guerre, la construction d’abris et de tranchées est réalisées pour la protection des populations civiles.
La Défense Passive a un rôle préventif contre le danger des attaques aériennes
et dans la coordination des secours. Elle diffuse des consignes, informe sur la conduite à tenir en cas d’alerte…
Les abris étaient généralement construits à une distance éloignée des
bâtiments pour empêcher qu’ils ne soient endommagés par les décombres des bâtiments bombardés. L’aménagement des caves en abris avait été prévu dans les immeubles d’habitation, administratifs et
scolaires.
Il semblerait que les abris antiaériens du boulevard des Etats-Unis, au nombre
de trois, aient été construits en 1939. Au départ prévu comme tranchée provisoire, les abris furent réaménagés au cours de l’année 1939 en tant que tranchées permanentes avec des éléments
de
bétons armé. Ils mesuraient alors environ 130 mètres de long pour 500
personnes !
Ces lieux se présentent sous la forme d’un long couloir en chicane, pour
réduire l’effet de souffle des bombes et des coups directs. Les abris ne furent pas initialement conçus pour résister à un bombardement mais pour se protéger du gaz moutarde utilisé par les
allemands
durant la 1ère Guerre Mondiale.
Les abris font aussi écho au 26 mai 1944, date du bombardement allié qui fit 700 morts à Lyon dont 96 dans le quartier
des Etats-Unis. La mémoire qui se dégage de ces lieux dépasse Lyon puisque ce dramatique bombardement a également touché de nombreuses villes en France
et dans la région comme : Grenoble, Chambéry, Nice, Chartres… Mais ils rappellent aussi les 3591 bombardements des mois de mai et juin 44, ainsi que tous les autres, la souffrance des victimes civiles et le prix qu’elles durent payer pour voir la France libérée de l’emprise Allemande et Nazie.
Les abris au XXIe
siècle
Le quartier des Etats-Unis du 8ème arrondissement de Lyon possède, le dernier abri antiaérien de la ville qui servait de refuge aux populations civiles lors des bombardements survenus durant la
2nde Guerre Mondiale, témoignage d’une période de l’Histoire qui a profondément marquée notre société.
Abandonné à la fin de la guerre, les abris furent redécouverts en 1986 à la hauteur du numéro 64 du boulevard à la suite d’un accident
provoqué par un poids lourd. Ils ont pu être conservés car ils dépendaient vraisemblablement d’immeubles d’habitations. Tous les abris lyonnais construits sous des édifices publics ont
aujourd’hui disparu.
Plus de 60 ans après leur construction, après avoir résisté aux tonnes de
bombes déversées sur la ville, les derniers abris antiaériens de Lyon furent récemment menacés de destruction par la construction de la nouvelle ligne de tramway. Les abris étaient, en effet,
situés sur le tracé de la ligne T4.
Grâce au soutien et à la mobilisation d’un grand nombre de personnes ainsi que
la prise en charge des travaux par le Sytral, un des trois abris a pu être démonté et déplacé de quelques centaines de mètres plus loin, pour s’enfuir square Picod, à proximité du musée Tony
Garnier. L’objectif du Comité d’Intérêt Local des Etats-Unis est aujourd’hui de faire de cet abri un lieu de mémoire et d’exposition ouvert au public, en hommage aux victimes civiles de toutes
nationalités, sans oublier ceux qui aujourd’hui dans le monde, subissent encore la terreur des
bombardements.